Apprendre à la Vallée des Singes

Bien que j’ai toujours été passionnée par tout ce qui touche aux animaux, j’ai – je dois l’admettre – une certaine fascination pour les grands singes. Ce sont les grands singes qui m’ont rendue curieuse. Ce sont les grands singes qui ont su capter mon attention dans les revues scientifiques. Ce sont les grands singes qui m’ont donné envie de m’impliquer. Il est difficile, quand on les observe, de ne pas voir à quel point ils nous sont proches.

Le regard d'une mère
Vallée des Singes – Octobre 2017

Malheureusement, ces animaux sont en danger. Malgré une grande diversité d’espèces présentes sur la planète, de nombreuses espèces de singes sont proches de l’extinction. Pour enrayer ces disparitions, et inverser la tendance, nous devons tous participer. Et pour pouvoir participer, il faut savoir. Être sensibilisé. Obtenir les clés pour protéger à notre niveau.

Pour ces raisons, la Vallée des Singes s’est fixé pour objectif d’aider à la protection des espèces de singes en sensibilisant ses visiteurs.

Un parc pas comme les autres

Ouvert en 1998, ce parc est en quelque sorte le petit frère d’un autre parc : le parc Apenheul. A l’instar de ce parc néerlandais créé en 1971, la Vallée des Singes ne présente aucune cage ni barrière. Les singes évoluent en liberté sur des territoires. Pour les plus petites espèces, les visiteurs pénètrent l’environnement des singes. Selon Emmanuel le Grelle – fondateur du parc, l’absence de barrières crée le respect. « Avec les barrières, les enfants imitent plus les cris et les gestes des singes. Sans les barrières et surtout sur les territoires partagés, ils ne singent plus. Au contraire, ils observent et respectent sans problème les consignes » confie-t-il.

 

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Quant aux espèces plus dangereuses ou plus imposantes, elles s’épanouissent sur de vastes îles. Ce sont en effet des canaux qui font office de séparation entre visiteur et animal. La plus grande de ces îles présente une surface de plus d’un hectare ! Elle est dédiée au plus grand groupe au monde de bonobos. La Vallée des Singes compte en effet 20 représentants de cette espèce menacée, dont cinq bébés nés sur le parc.

Arrivés en 2011, ces onze femelles et neuf mâles forment une belle « famille recomposée ». Ils sont tous nés en parc zoologique, et aucun n’a été prélevé dans la nature. Les premiers bonobos sont arrivés le 3 novembre 2009, et malgré quelques parades d’intimidation de la part des mâles, ils se sont tous rapidement faits à leur nouvel habitat. Pour preuve de leur bien-être, cinq premiers bébés sont déjà nés entre 2012 et 2015.

Les gorilles sont une autre espèce phare du parc : le plus grand groupe de France est présenté à la Vallée des Singes. Tout comme les bonobos, les gorilles font partie des cinq espèces de grands singes : les bonobos, les chimpanzés, les gorilles, les gibbons et… les hommes.

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Dans la nature, ils vivent en Afrique de l’ouest en harem dirigés par un mâle. S’ils ont d’imposantes canines, les gorilles sont exclusivement végétariens. En milieu naturel, ils se nourrissent principalement de fruits. A la Vallée des Singes, et parce que nos fruits européens sont beaucoup trop sucrés pour eux, les fruits laissent leur place aux légumes. Comme le rappelle en plaisantant le soigneur les nourrissant, « ce n’est pas impossible d’être ultra musclé sans manger de viande ». Le mâle dominant peut en effet atteindre les 250 kg et le mâle de la Vallée a un poids estimé de 220 kg.

Pour respecter au maximum l’écosystème naturel des gorilles, ces derniers partagent leur île avec les Colobes et les Hocheurs à nez blanc. De nombreuses autres espèces résident à la Vallée des Singes. Pour preuve de leur bien-être, ce parc présente un Carnet Rose exceptionnel : plus de 700 naissances ont eu lieu à la Vallée des Singes, et certaines d’entre elles sont exceptionnelles et sont des premières en France (naissance du premier Titi d’Europe, naissance du premier singe laineux en France, naissance de plus de 170 saïmiris, etc.).

Sensibiliser pour protéger

L’objectif principal de la Vallée des Singes est d’œuvrer à la protection des espèces de singes menacées de danger. Pour cette raison, elle a recueilli 9 chimpanzés nés dans un laboratoire aux Pays-Bas. Bien qu’ils n’aient subi aucun test, ils restent relativement méfiants et des panneaux avertissent les visiteurs de ne pas s’approcher, faute de quoi ils pourraient recevoir une pluie de cailloux.

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La Vallée des Singes est donc à la fois un lieu de divertissement, un lieu de connaissance du monde sauvage et de prise de conscience écologique. Comme c’est un parc qui n’est pas comme les autres, il est normal que le métier de soigneur y soit aussi différent !

Comme le précise le directeur zoologique, Jean-Pascal Guéry, « Etre soigneur à la Vallée des Singes, c’est pouvoir laisser libre-court à sa passion, mais c’est aussi avoir le meilleur cadre qui soit pour la faire partager à tous les visiteurs. Les singes de la Vallée sont les meilleurs ambassadeurs de leurs congénères sauvages. Grâce à la passion de leurs soigneurs, nos pensionnaires touchent le cœur du visiteur qui quitte la Vallée des Singes, acquis à la cause des primates. C’est une vraie récompense ».

Les soigneurs ne font pas que – contrairement à ce que laisse penser leur titre – soigner les animaux à la Vallée. Ils assurent une mission primordiale au sein du parc : informer les visiteurs. Ce sont eux qui organisent et se chargent des nourrissages, pendant lesquels ils donnent conseils et astuces aux visiteurs pour participer à leur niveau à la protection des singes.

Les nourrissages sont donc des moments importants où les soigneurs-animaliers peuvent présenter l’espèce de singes ou de primates dont ils s’occupent mais aussi attirer l’attention des visiteurs sur les menaces qui pèsent sur eux. On y apprend notamment qu’on peut aider les singes en mangeant moins de viande : l’habitat naturel des singes est détruit et remplacé par des champs de soja qui sert à nourrir nos animaux d’élevage.

En observant de plus près les animaux, on apprend encore à privilégier le bois certifié FSC. Parce que chaque seconde, l’équivalent de la superficie d’un terrain de football de forêt disparaît. De nombreuses espèces de singes voient leur habitat naturel disparaître sous les coups de la déforestation. En Afrique, en Asie, en Amérique du Sud, les arbres sont abattus massivement pour fournir du bois exotique, et la France est le plus gros consommateur européen de ce bois. En achetant du bois FSC (Forest Stewardship Council), vous contribuez à la protection des forêts.

Sensibiliser est donc pour la Vallée des Singes une priorité. En sensibilisant, on crée les protecteurs de demain. S’il faut sans aucun doute apporter des modifications aux lois relatives à l’animal, il faut garder à l’esprit qu’un « système de législation est toujours impuissant si l’on ne place pas à côté un système d’éducation » (Jules Michelet).  

Le Conservatoire pour la Protection des Primates

A côté de ce système d’éducation mis en place par la Vallée des Singes, un système d’action a été créé pour parachever ce grand projet de protection : le Conservatoire pour la Protection des Primates. Depuis sa création, cette association s’est engagée dans de nombreux projets sur tous les continents. La plus grande partie de ces projets concernait directement l’habitat naturel des primates. Le fléau majeur reste la déforestation, comme énoncé précédemment.

Très engagé, le Conservatoire préfèrera un projet impliquant la population locale ou mieux encore, qui sont initiés par elle. L’un des projets majeurs du Conservatoire est relatif au Titi. C’est un petit singe très rare et très peu connu, vivant en Amérique du Sud.

« Le Titi de San Martin est probablement menacé mais les données sur ce singe sont tellement rares qu’il est pour le moment impossible de mesurer les dangers qui pèsent sur lui », explique le président du Conservatoire, Jean Vermeer. Le premier objectif du projet est donc de recueillir les plus de connaissances possibles sur cette espèce, sa distribution, son recensement et son statut dans la nature. Les résultats de cette étude débutée en 2007 permettront de mettre en place un plan d’action pour la sauvegarde de l’espèce et de son habitat naturel.

Le Conservatoire pour la protection des primates est à l’origine et soutient de nombreux autres projets, que vous pourrez retrouver sur leur site internet.

 

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